vendredi 4 avril 2014

Les épidotes de la montagne du Cornillon!

Découverte 2007-2009 de nouveaux cristaux.

    Je n'avais jamais entendu parler du Cornillon jusqu' à ce que Jean-François me propose d'aller explorer un coin plutôt "ardu" d'accès où il avait repérer de sérieux indices d'épidote.

    Alors voilà : Le Cornillon, altitude 2 475 m, montagne située du côté de Bourg d'Oisans, il s'agit de la localité type des épidotes.

    Les épidotes ont été décrites par M. de Romé de l'Isle, en 1783, mais sa description n'a pas été reconnue. Il fallu attendre 1801 pour que M. René Just Haüy nomme et décrive "officiellement" cette espèce minérale. Je vous laisse chercher sur le net si vous désirez plus de renseignements...ce n'est pas mon propos ici.
    Juste parce que je trouve très beau la description originelle de M. de Romé:




    Aller sur une montagne "à vaches" en pleine saison alpine ne m'attirait pas spécialement, même avec des arguments du genre: il faudrait des cordes et des techniques d'escalade pour pouvoir explorer efficacement le coin...

    C'est la météo qui en décidera autrement: un créneau neige en altitude et le beau temps en bas me motivent pour accompagner Jeff sur cette montagne.

    Gros sac chargé de matos et surtout d'eau (l'été est sec au Cornillon, pas de source ni d'eau) et gros dénivelé pour atteindre le coin à épidotes




    En cheminant, je découvre une roche bien différente de celle que je connaissais, il s'agit des amphiboles.
    Je découvre également la présence des "marmites", nom local pour désigner nos "fours" chamoniards, et qui sont le plus souvent vides. Jeff m'apprendra qu'il s'agit là de deux indices incitant à prospecter, il y a peut-être des minéraux cachés ...




    Arrivés sur site, équipés et assurés, au bord du vide et accrochés comme on peut ( la roche est vraiment pourrie et il faut faire preuve d'inventivité pour pouvoir s'assurer convenablement ), nous vérifions rapidement l'exactitude du point de vue de Jeff: il y a des épidotes ici!

    En paroi, nous pouvons suivre une fissure plus ou moins horizontale qui va se perdre près du bord. On y trouve des indices de présence des épidotes mais tout s'est perdu bien avant notre arrivée.
    Toute fois, en un point précis, le filon très étroit semble s'ouvrir un peu. Rapidement, nous arrivons à ouvrir un premier petit "trou" qui fournira nos premières pièces. L'épidote est peu colorée, abîmée par la proximité de la surface. L'érosion a fait son travail mais ce premier succès nous incite à revenir et à envisager des travaux plus importants.




    Au cours des trois années qui suivirent, nous effectuerons de nombreux séjours au Cornillon
    Grâce à une roche relativement fragile, nous pourrons alors dégagé et mettre à jour de nombreuses cavités en suivant le filon.






    La qualité des cristaux d'épidote est allée en s'améliorant au fur et à mesure que nous nous éloignions de la surface. 
    La plupart des trous se présentaient horizontalement et avaient des dimensions variables. Entre chaque poche, le filon semblait disparaître avant de nouveau s'épaissir et s'ouvrir sur une nouvelle cavité.
    Parfois, le filon s'orientait vers la verticale et lorsqu'une poche s'ouvrait alors, nous avions la chance de trouver des cristaux de quartz en association avec les épidotes . 
Un exemple ici d'une pièce que je garde en collection : épidote et quartz

Ci-dessous quelques pièces trouvées parmi d'autres










    Il n'y a là aucune règle , juste un constat.
    Les pièces étaient sur gangue ou flottante. Les terminaisons des épidotes sont soit nettes et plates soit prismatiques.

Exemple de terminaison 



 (merci Jeff, cf son article ici: http://www.mineralogie-chamonix.org/?op=html&page=92).

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